Retour sur la lecture du livre Slow Productivity
Je viens de terminer le livre Slow Productivity de Cal Newport. Un livre que qui me laisse perplexe. Je vous partage quelques notes, et un avis plus général.
Ce livre s’adresse aux travailleurs de la connaissance. Il y a même un certain nombre de conseils qui ont plus de sens si vous avez un métier artistique, ou si vous êtes travailleur indépendant, en totale maîtrise de votre emploi du temps et de vos clients. Cependant, en tant que salarié, on y trouvera quelques clés intéressantes.
On commence par découvrir qu’il n’y a pas de définition de la productivité dans toutes les professions intellectuelles. Il y a eu quelques tentatives universitaires mais qui ont échoué. Du coup tout le monde y va de sa définition. Mais à chaque fois on abouti à ce qu’il appelle de la pseudo productivité : on mesure l’activité visible. Par exemple les horaires de présence, ou la quantité de communications (courriels, tchat). Ces mesures culpabilise les personnes, privilégie le travail superficiel, et poussent au burn out. Il propose donc en réaction la notion de slow productivity, qui prend racine dans le mouvement slow food. C’est une alternative, une proposition de solution pour organiser le travail de la connaissance, lui donner du sens. Elle est basée sur trois principes.
Le premier, faire moins de choses. On a tendance à se surcharger, à accepter trop de nouvelles tâches et donc à se maintenir à un niveau de stress élevé. On va donc chercher à travailler mieux sur plus de choses, à un rythme plus sain. Pour cela il nous invite à limiter ce qui est important. Avoir peu de gros sujet, 2/3 en parallèle. Il appelle cela les missions. C’est un projet (lui même composé de projets, qui lui est composé de tâches) qui s’étale sur plusieurs années. Dans mon cas je prendrai par exemple “progresser en développement”, ou “partager de la connaissance”. Et chaque jour on se consacre à un seul projet.
Le deuxième principe nous invite à travailler à un rythme plus naturel. Principe surtout destiné aux artistes ou aux indépendant.e.s, même si quelques propositions sont applicables par tout le monde. L’idée principale est de prendre plus de temps. Faire un plan à plusieurs années, 5 ans par exemple. De se donner de la marge sur les projets que l’on entreprend, en doublant le temps estimé. Il propose de bloquer un temps de concentration équivalent à chaque créneau de réunion que l’on ajoute à notre agenda. On arrive ainsi à un maximum de 50% de temps de réunion. Il nous invite aussi faire des cycles comme dans ShapeUp de Basecamp, qui alterne des phases de production intense de 6 semaines, à des phases de ralentissement faites de pratiques libres pendant 2 semaines pendant lesquelles on recharge les batteries, on a moins la tête dans le guidon.
Enfin, il termine par un principe lié au premier : l’obsession de la qualité. On travaille sur moins de projets, en consacrant plus de temps à chaque projet et en privilégiant la qualité. Quitte à rater des opportunités à court terme. Sans tomber dans le perfectionnisme, donc en se donnant des dates limites, on vise le meilleur. Je n’ai pas trouvé de proposition marquante dans ce chapitre, hormis l’idée d’avoir ce niveau d’exigence aussi dans un loisir. On va l’investir en profondeur, améliorer notre compréhension, et probablement bénéficier de passerelles avec notre domaine professionnel.
En écrivant ces mots, je réalise à quel point j’ai pris peu de notes. Comme dans son livre Deep Work, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup d’anecdotes, qui servent à la fois le propos, mais parfois sont un peu lassantes. Le livre étant plutôt court, et les histoires racontées avec un certain talent, la lecture reste fluide. Mais il y a une impression de remplissage. Car au final, en dehors de quelques conseils qui ont pu faire mouche, ce que m’a apporté le livre principalement, c’est une opportunité d’introspection. Un temps pour questionner mes priorités. Est-ce suffisant pour le recommander ? Pas sûr.